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Logistique : les PME alimentaires à la traîne
Diagnostic préoccupant pour les performances logistiques des PME alimentaires françaises. Selon l’enquête réalisée par le CNAM et l’ANIA, la pénurie et les coûts de transport élevés, le manque de visibilité client et la méconnaissance des bonnes pratiques logistiques sont au centre du problème. La mutualisation des ressources semble être la solution privilégiée
La performance logistique est au cœur de la stratégie de compétitivité des industries alimentaires. Dans le contexte de mondialisation et d’accélération des flux, la logistique des petites et moyennes structures manque encore souvent de maturité par rapport aux grands groupes. Ce constat - établi sur fond de concurrence exacerbée et de relations déséquilibrées avec les distributeurs - est celui d’une enquête récente réalisée par le CNAM* et l’ANIA** auprès de 1500 entreprises agroalimentaires françaises.
Diagnostic préoccupant
« Les entreprises interrogées font état de réels problèmes de pénurie et de coûts des transports et de difficulté de maintenir un niveau de service élevé. Elles notent aussi le manque de visibilité sur la demande clients et l’absence de standard pour la mesure des performances logistiques », explique Estelle Panier, animatrice du groupe de travail logistique de l’ANIA. Principales causes de ce manque de maturité selon les entreprises sondées : - la méconnaissance des enjeux stratégiques de la logistique et des solutions de mutualisation, - le manque d’information sur les bonnes pratiques logistiques, - le manque de ressources internes pour développer l’organisation et le système d’information adéquat (installation des progiciels, maintenance informatique).
Certaines PME indiquent aussi les difficultés rencontrées dans leurs relations avec les distributeurs, dont les discours sont parfois jugés « impitoyables » : délais de livraison aberrants, refus de déchargement pour 15 minutes de retard, etc.
Mutualisation des ressources
L’enquête révèle un vif intérêt des entreprises pour la recherche active de solutions : le diagnostic logistique est considéré comme l’outil de benchmarking préalable à toute décision d’amélioration. Beaucoup de petites structures souhaitent pouvoir participer directement à des travaux collaboratifs, visiter des sites de référence et mesurer leur retour sur investissements. « Très concrètement, ce constat renvoie à la mise en œuvre urgente de solutions de massification des flux et de mutualisation des ressources » explique le CNAM dans la conclusion de l’enquête. En effet, « si les bonnes pratiques logistiques ne sont plus à découvrir, elle restent à être diffusées largement auprès des professionnels », souligne Olivier Labasse, dg d’ECR (Efficient consumer response). Cet organisme paritaire industriels/distributeurs mutualise la logistique de 48 sociétés sur 300 plateformes d’approvisionnements en France. Il vient par ailleurs de lancer un outil web permettant aux entreprises d’identifier leurs partenaires logistiques potentiels.
* Conservatoire national des arts et métiers ** Association nationale des industries alimentaires

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