Un pôle d’excellence logistique sur Sénart ?
Le contexte
La région Ile de France est un centre logistique d’envergure européenne dans lequel la Seine et Marne est prépondérante avec trois pôles forts :
- Roissy
- Marne la Vallée
- Sénart (la réserve foncière de la région Ile de France)
S’il est difficile de se procurer des chiffres localement, la logistique pèse 887 000 emplois et de 8 à 12% du C.A. des entreprises en France. C’est aussi 8% du PIB et 6.5 M d’emplois en Europe.
La dernière décennie a vu une recrudescence des implantations de plateforme logistique (les entreprises de distribution et les prestataires logistiques particulièrement) qui a pu générer une forme de désamour avec le territoire et les élus. Force est de constater, cependant, que la logistique est une activité composite (transporteurs, prestataires dédiés, multi clients…) et dynamique (40% des effectifs sur Sénart), largement méconnue (la pluralité des métiers de la logistique, une filière en constante évolution…) et qu’elle présente un caractère social fort (80% de ses salariés n’ont pas ou très peu de qualifications). De plus, elle offre sur Sénart une forte représentativité « des grandes enseignes de la profession » avec des sites tout à fait avant-gardiste ND Logistic à Vert St Denis et Prologis à Moissy Cramayel.
Le monde de la logistique est à la fois restreint (la plupart des responsables de site se connaissent et ont travaillé dans différents groupes) et fortement concurrentiel. Ses acteurs expriment, cependant, des besoins et des attentes permettant de considérer des axes d’action collectifs.
Aujourd’hui, l’on constate un environnement plus favorable. D’une part parce que le Conseil Général, suite à un livre blanc sur la logistique, a décidé de créer un club pour les logisticiens et leurs partenaires (première réunion prévue le 16 juin 2005) qui devrait être un lieu de réflexion et de concertation, notamment avec les élus. D’autre part, et sur Sénart en particulier, il y a aujourd’hui l’envie de valoriser la logistique et ses métiers afin de construire l’image d’une « autre logistique », une valeur ajoutée qui constituerait un élément d’attraction supplémentaire pour le territoire. De plus, avec Sénart Développement, le territoire s’est doté d’un outil original pour traiter des problématiques de valorisation des entreprises, de l’emploi et de la formation.
Ces différents éléments, le contexte plus propice, consolident l’idée d’un travail sur et autour de cette activité. Il convient dés lors de s’interroger sur la forme et la dimension que l’on pourrait lui donner. Pôle d’excellence, regroupement opérationnel, club (une représentation territoriale dans le cadre du club des logisticiens du 77 ?!…) le débat est ouvert. Afin de mieux argumenter nous vous proposons de passer en revue les attentes et besoins des logisticiens et de leurs partenaires, de rendre compte de l’initiative prise par la CCIP dans le cadre de la révision du SDRIF, et vous présentez quelques formes d’organisation que nous avons recensées, avec pour objectif de vous faire une proposition.
La Logistique à Sénart : quelques pistes de réflexion
Dans le cadre de la création du club de la logistique 77, Sénart Développement a pris l’initiative de rencontrer une vingtaine d’acteurs du secteur (entreprises, partenaires de la formation, de l’intérim, gestionnaire de plateforme…) afin de recenser leurs attentes et leurs besoins. La finalité est d’une part de participer à ce club avec, dés le début, des projets et des ambitions pour Sénart et, d’autre part, de s’engager de manière plus opérationnelle sur le territoire.
Les points de convergence (l’unanimité)
L’emploi
Les constats suivants sont unanimes :
- Le bassin d’emploi sur Sénart est de plus en plus tendu et ne répond pas à la demande
- la population concernée, à priori, n’est ni motivée ni « prête à l’emploi », avec notamment des problèmes de comportement et même d’acculturation (culture française et culture d’entreprise)
- les métiers de la logistique sont mal connus.
Idéalement, il faudrait travailler sur l’image de la logistique, valoriser ces métiers et ces filières et faire de la logistique un métier que l’on choisi par vocation et non par dépit.
Quelques pistes de mutualisation :
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centraliser les CV afin que les personnes intéressées par la logistique puissent être, potentiellement, en contact avec toutes les offres disponibles (réservoir de demandeurs) ;
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mutualiser les salariés (poste de back office, sécurité…) et mutualisation, avec d’autres secteurs d’activité, de la population intérimaire ;
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harmoniser des politiques de fidélisation salariale afin d’éviter que les salariés passent trop rapidement d’une entreprise à l’autre ;
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organiser un forum de l’emploi et des métiers
La Collecte et la valorisation des déchets
Il s’agit d’un sujet sensible qui tient au fait que les entreprises supportent difficilement de payer une taxe sur les ordures ménagères et d’avoir, en plus, à organiser et payer la collecte des déchets. Elles le vivent comme une double taxation. Une mutualisation pourrait être mise en œuvre sur la collecte (peser par les volumes pour diminuer les coûts) et sur la valorisation des déchets (faire des déchets une matière première exploitable).
Cela pourrait permettre d’organiser une véritable filière qui traiterait, dans le même temps, la problématique des palettes (à reconvertir ou reconditionner).
Des idées, quelques pistes de réflexion…
Ces constats reviennent plusieurs fois même s’ils font moins l’unanimité que précédemment.
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une cellule d’affrètement que certains voient même comme un outil de gestion qui permettrait de travailler sur la massification des flux
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le benchmark, les échanges entre spécialistes (club des DRH, responsable sécurité…), voire la recherche et le développement
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la « reverse logistique » considérée comme une solution d’avenir : c’est le processus qui a pour objet d’assurer les retours de marchandise. Il est demandé par les consommateurs pour cause d’erreurs ou de problèmes techniques impliquant réparation, mais aussi par les entreprises afin d’assurer le recyclage, l’élimination ou la valorisation (sur un marché de l’occasion, par exemple, pour certains produits manufacturés) des produits en fin de vie
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le développement durable avec l’idée de mutualiser les efforts entre le territoire, les gestionnaires et les entreprises
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la centralisation des entreprises de service sur Sénart (base de données des partenaires de la logistique) pour le gardiennage, l’entretien (notamment des bâtiments, les espaces verts, la sécurité…)
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mutualisation des capacités de stockage afin de mieux gérer la sous capacité et la sur capacité sur Sénart
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un « truck center » qui permettrait la gestion des flux (notamment sur zones d’activité) et le service aux routiers et aux véhicules (restauration, douches, e-base, gardiennage des véhicules et sécurité des personnes, entretien ponctuel…) un espace qui ne serait d’ailleurs pas exclusivement dédié aux chauffeurs sur Sénart.
Des attentes spécifiques liées au territoire de Sénart
Ces besoins et attentes sont davantage inscrits dans Sénart au quotidien, chaque point a été évoqué au moins une fois. Il n’y a pas véritablement de surprise.
- le raccord fer : une incongruité tant il est difficile de connaître les interlocuteurs ainsi que les conditions d’exploitation. Le réseau est sous exploité et il serait pertinent d’organiser une réflexion sur le sujet
- l’observation du territoire et la consolidation des données (économiques, emplois, informations locales, réglementaires…)
- la signalétique sur zones avec un point d’observation à l’échelle de Sénart et des plans plus détaillés par zone (en plusieurs langues : allemand, anglais, russe, français)
- les services aux salariés (restauration inter entreprises, crèches (une population jeune et des demandes ponctuelles)
Ces différents constats permettent un recensement intéressant des besoins et attentes qui sont exprimés. Dans le même temps, ils proposent des pistes de travail, de mutualisation, qu’il serait intéressant d’approfondir.
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